Meute: De l’ancien français muete, « groupe de chiens courants dressés pour la chasse ». Du latin movita, substantif féminin de movitus, latin classique motus, refait sur le radical de movere, «mouvoir »

Cabinets de curiosités: ils désignent au XVIe et XVIIe siècles des lieux dans lesquels on collectionne et présente une multitude d’objet rares ou étranges représentant les trois règnes: le monde animal, végétal et minéral, en plus de réalisations humaines, avec un certain goût pour l’hétéroclite et l’inédit.

La Meute est une boutique/atelier/galerie, une tanière déguisée en cabinet de curiosités. Pas de code établi, seul le style sévit, par association d’idées ou d’envies. Mélangeant l’ancien (objets chinés) et le nouveau (jeunes créateurs), Charlotte Pasternak, photographe de formation, choisit, met en scène, associe. Depuis toujours passionnée par les musées d’histoire naturelle, les cabinets de curiosités, les collections, les mondes imaginaires et les découvertes scientifiques, elle tente ici de proposer un nouveau type d’espace, où s’exprimerait son monde intérieur à travers la mise en scène d’objets curieux, insolites, naturels ou artificiels, des objets créés par la Nature, mais aussi par de jeunes designers ou des anonymes, des oeuvres d’art, qui se portent et se nourrissent mutuellement et invitent l’imagination sur des chemins inédits.

Le décloisonnement des genres lui permet de mettre en scène une certaine vision du monde et de sa beauté, moderne & poétique ou ancienne & ésotérique, où un objet fait main (nouveau ou ancien) peut côtoyer une graine extraordinaire ou une sculpture anatomique. Un objet prend la valeur qu’on lui donne, à qui sait observer tout devient esquisse de beauté, et les associations rendent les scénarios multiples, comme en photographie. La Meute est un lieu qui tente d’apporter ses propres réponses au monde d’aujourd’hui, où la production de masse et la standardisation des goûts laissent peu de place à l’inédit, où les objets ont peu à peu perdu leur âme et où la nature est considérée comme une marchandise, mais où la conscience d’un autre mode de consommation s’est peu à peu constitué, où l’artisanat, la petite production, l’auto-édition, le rare et le particulier forment une antidote de plus en plus solide à la morosité d’aujourd’hui.